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Jérémie Boudreault

Multidisciplinary Artist


Ongoing Project

May-July 2021
Le miroir agité

Jérémie Boudreault's Immersive Installation

From May 2 until July 11, 2021
            

Mont-Saint-Hilaire Museum of Fine Arts
150 Centre-Civique street, Mont-Saint-Hilaire

Jérémie Boudreault

Monday to Friday: 9h30 - 10h30 - 11h30 - 13h00 - 14h00 - 15h00 - 16h00
Saturday & Sunday: 13h00 - 14h00 - 15h00 - 16h00

By reservation at:  450 536-3033 or by email at: reception@mbamsh.com  

Jérémie Boudreault

 


May-June 2020
L'observatrice

 

 

Metal sculpture, apple wood, fabrics, resin, vegetable moss, feathers

Project of the Museum of Fine Arts of Mont-Saint-Hilaire
More than ever, Mont-Saint-Hilaire a city of art and nature

 

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2018
The Black Box

Artist Laboratory

Theme : The artist is a fragile animal

 

Jérémie Boudreault

 

Jérémie Boudreault
est une artiste hors norme dont le besoin de créer est impératif. Elle travaille à l’instinct et ne s’encombre pas des étiquettes. Issue du monde du théâtre, elle a le sens de la scène, de la performance et s’inspire de l’art du décor qu’elle transforme tout au long du processus créateur. Rien n’est figé ou fixé d’avance.

Sa dernière aventure créatrice débute le 5 novembre 2017 par la construction d’une boîte noire. Ce cube de 8 pi x 8 pi x 8 pi se trouve à proximité de l’entrée de son atelier. Cet antre secret, à l’abri des regards, devient son lieu d’inspiration. Le grand atelier est trop chargé des expériences passées. Elle a besoin d’un cocon où se réfugier pour laisser surgir ce qu’elle ressent viscéralement.

Pendant près de plusieurs mois, elle s’engouffre dans sa boîte noire dont la porte d’entrée est gardée par la chaise Cerbère. Le chien imaginaire a éventré le siège laissant surgir les entrailles de métal que sont les ressorts. Gare à ceux et celles qui voudraient franchir le pas de la porte pour entrer dans sa boîte énigmatique car n’y entre pas qui veut. Seule, en tête à tête avec elle-même, entre ses quatre murs de couleur noire, elle apprivoise l’espace. À contrario des peintres qui partent de la toile blanche, Jérémie utilise le noir comme toile vierge. De cet espace clos : où rien n’est encore dit, où rien n’est à prouver… va surgir l’inspiration. Le noir la rassure et représente, pour elle, une terre meuble et fertile.


De l’importance du rituel
Comme le sportif qui fait ses exercices d’échauffement avant un marathon, Jérémie exécute un rituel qui lui permet de se centrer et de se mettre en lien avec l’énergie créatrice. Elle respire, ressent et laisse place à son imaginaire. Son univers est peuplé de créatures oniriques mi humaines, mi animales. Elle les accueille sans censure, les observe, leur donne vie. Les créatures géantes se transforment au fur et à mesure des coups de pinceaux, des collages, des incisions...


Le geste est libre. Jérémie est dans le mouvement : coller, arracher, couper, tirer, déconstruire, recommencer, oser, pousser, entrer et sortir. Elle ne craint pas de se remettre en question, de se dépasser, de se transcender. Surtout, elle ne craint pas le vide, le fait de ne pas savoir. Elle est mue par son désir d’authenticité et ne cherche ni à plaire ni à déplaire.

Un art brut
Elle ne fait pas dans la dentelle, son art est brut mais elle se sait fragile et vulnérable. Cette boîte noire lui permet de ne pas se laisser influencer alors que le travail créateur est en processus. En créant, ses personnages fantasmagoriques, elle s’amuse, se surprend et s’étonne. Elle sourit en les voyant naître dans ce laboratoire en bouillonnement, éclairé par un lustre d’un autre âge. Au fur et à mesure du processus, cet espace devient exigu, Jérémie l’entaille et crée des ouvertures pour permettre à la lumière du jour de s’y infiltrer. Puis, elle retire des cloisons. L’atelier entier est alors réinvesti et accueille la totalité de l’œuvre. Ses créatures mi humaines, mi animales voient le jour et s’imposent. La boîte noire occupe désormais la place centrale dans l’atelier. Subsiste de son emplacement d’origine le plancher peint en blanc avec en son centre une portion de zèbre unijambiste se moulant à un globe terrestre, chevauchée par une figurine miniature d’une centaurine (terme inventé pour décrire le centaure au féminin) qui représente l’artiste telle qu’elle se conçoit. Rien dans cet ensemble hétéroclite n’est totalement achevé.

Arte povera
La démarche artistique de Jérémie pour cette œuvre est similaire à celle de l’ARTE povera*. Cette forme d’art privilégie le geste créateur au détriment de l’objet fini. Les matériaux utilisés par les artistes de l’ARTE povera sont des produits pauvres ou humbles (souvent recyclés) comme du bois, de la terre, du sable, des vêtements usés. Les objets les plus banals et quotidiens quasi insignifiants deviennent signifiants. Jérémie trouve son matériel d‘artiste dans les quincailleries et les magasins de seconde main. La créativité donne vie à ces matériaux qui révèlent au grand jour, l’univers d’une artiste qui ne s’encombre pas des conventions. Elle n’impose pas une interprétation stricte de son œuvre.


Elle en fait une proposition que chacun réinterprète à sa manière. Elle invite le public à regarder son travail sous divers angles. Le spectateur bouge et fait partie de l’œuvre. Elle met à disposition un escabeau, une table de thé, un fauteuil, etc. qui sont autant de points d’observation. Son travail est ludique et elle souhaite partager ce sens du jeu. Les éléments qui la composent sont nombreux et recèlent de multiple clin d’œil dont celui de l’infante Marguerite tirée du tableau du peintre espagnol Diego Velasquez, Les Ménines, peint vers 1656. Jérémie a pour ce peintre une affection particulière. Son infante s’est transformée en une géante avec une tête de chien qu’elle a baptisé affectueusement sa Dona Quichotte qui tient un arbre lumineux et ses deux mignons petits pieds, lui confèrent une allure humaine comme si elle allait se détacher de l’ensemble pour venir vers nous. De nombreux objets insolites, de différents formats et d’époques différentes sont à découvrir. Vous entrez dans l’univers onirique de Jérémie comme si elle partageait cet étrange rêve qu’elle aurait fait la veille. L’artiste est un être étrange, affirme-t-elle.

L’œuvre est théâtrale !

– Clôde De Guise

*Arte povera (de l’italien, qui signifie art pauvre) : ce mouvement artistique italien est né à la fin des années 60 et origine d’une pratique théâtrale expérimentale qui s’exprime par un détachement volontaire des acquis de la culture et se rapproche de l’art minimaliste.

 


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